Vivre avec un drogué du travail

Votre partenaire ne pense qu’à son travail, il y passerait presque ses nuits. Il vous néglige, est nerveux, stressé par ses responsabilités… Comment l’aider à sortir la tête de l’eau et décrocher de ses dossiers ?

Pourquoi est-il accro ?

Il rentre à des heures impossibles, téléphone à son patron jusqu’à deux heures du matin, fait des insomnies à cause de ses réunions…voici le beau programme de votre accro du bureau ! Le drogué du travail est avant tout un être bien malheureux. « Il souffre du syndrome de l’imposteur, explique le Pr. Michel Lejoyeux (1). Il a toujours l’impression qu’il ne mérite pas sa position. Alors, il veut prouver sa compétence en travaillant deux fois plus, il compense la qualité par la quantité. » Ce « workaholic » est aussi perfectionniste, toujours désireux de corriger ses dossiers, il va se noyer dans le temps de travail. Face à cette détresse, ne tombez pas dans le piège consistant à jouer à l’apprenti(e) thérapeute ! « Les bourreaux de travail connaissent souvent des échecs professionnels. Ils finissent par entendre l’importance d’aller consulter, pour le bien de leur travail« , observe le spécialiste. Votre premier rôle sera donc de l’inciter à s’adresser à un thérapeute !

SOS déstresse

« Le workaholic travaille de nombreuses heures et il doit réapprendre les séquences travail/repos« , conseille le professeur Lejoyeux. Moins il sera immergé dans le travail, plus il pourra le désinvestir. A la maison, une nouvelle organisation s’impose, avec une trouvaille originale. « Instituez un double agenda, poursuit le spécialiste. Un agenda professionnel, s’arrêtant le soir à une heure à négocier entre vous. Il doit être couplé avec un agenda pour la vie privée, qui ne se superpose pas au premier« . Il faut également lui faire adopter un téléphone professionnel qui sera coupé le soir, le WE, et une grande partie des vacances. Ce répit doit permettre de ré-instaurer de bonnes habitudes : réapprenez-lui à s’amuser et souffler. Pas question que son temps libre soit employé à démonter la plomberie, car le bricolage est aussi un travail ! « Le workaholic est quelqu’un qui n’arrive pas à investir le temps de la futilité. Il faut lui réapprendre à perdre son temps« , conclut le Pr. Lejoyeux. Grasses matinées et apéros entre copains sont à instituer d’urgence !

(1) Le Pr. Michel Lejoyeux est co-auteur avec le Pr Jean Adès du livre Encore Plus ! Jeu, sexe, travail, argent , aux éditions Odile Jacob.