Obésité : frayeur sur le monde…

Perdue entre le culte du beau et le phénomène « ana (1) », l’obésité s’étend depuis plusieurs années en masse… Les problèmes liés au poids sont ainsi devenus récurrents dans une société où la surconsommation s’installe en modèle pour l’alimentation de tous. Phénomène de société ou pendant inexorable au culte du paraître et de la plastique parfaite, il est difficile de s’y retrouver en matière de nutrition. Malgré la lutte contre la mal-bouffe, l’obésité s’est vite exportée des États-Unis et a envahi l’Europe. De nouvelles études américaines nous permettent d’y voir plus clair sur les raisons de cette épidémie moderne et les possibilités de la combattre…

Quelques définitions
L’IMC est l’Indice de Masse Corporelle. Cette valeur permet de déterminer le niveau de corpulence d’un individu et de distinguer trois stades de masse : normalité, surpoids (ou surcharge pondérale) et obésité. Plus l’IMC est élevé, plus le risque d’avoir des problèmes de santé augmente.

L’obésité est un excès de masse graisseuse entraînant des inconvénients pour la santé.

L’obésité morbide est le stade où l’IMC est supérieur à 35. Considérée comme une maladie, elle devient un risque mortel pour l’individu.

Une situation préoccupante en France
Si aux États-Unis, l’obésité morbide gagne du terrain, les Français accusent aussi de sévères prises de poids. Ce ne sont pas loin de 6 millions de Français qui souffrent des méfaits de l’obésité, soit 1/8ème de la population hexagonale. Surtout visible chez les 25-34 ans et plus présente chez les femmes, la surcharge pondérale touche 14 millions de personnes, (ce qui équivaut à 29% de la population).

En France depuis les 10 dernières années, le poids moyen des individus aurait ainsi augmenté de 2,1 kg. Selon l’enquête épidémiologique d’Obepi(2), qui mesure l’évolution de l’obésité dans l’hexagone tous les 3 ans, la situation devient donc inquiétante puisqu’une personne sur trois est en état de surpoids.

Le contrepoids mondial
Si 35% des italiens souffrent d’obésité, 120 millions de Chinois sont aussi concernés par des problèmes de surpoids. Et l’on retrouve le syndrome disséminé un peu partout sur le globe : Égypte, 35% d’obésité, Mexique avec 60% de la population touchée. Au Canada, près du quart des habitants sont obèses. Aux États-Unis, l’épidémie s’installe dans des proportions plus dramatiques encore. Avec un record de 60% de taux d’obésité, les Américains risquent bien de se retrouver d’ici 2010, avec un enfant sur deux en surcharge pondérale.

D’après des auteurs de la Rand Study, la part d’Américains présentant une obésité morbide, aurait d’ailleurs augmenté de 50% entre 2000 et 2005 ! Des chiffres spectaculaires… Aujourd’hui 3% des Américains souffrent d’obésité morbide. Ce qui représente 9 millions de personnes !

Seul pays à avoir réussi à lutter activement contre l’obésité, la Finlande tire son épingle du jeu, grâce à son programme de prévention, axé sur l’enfant.

L’obésité : une maladie contagieuse ?
A en croire les résultats d’une étude scientifique américaine(3), les proches d’un obèse sont davantage exposés au risque de le devenir à leur tour. Plus élevée encore est la probabilité de devenir obèse au contact de son cercle d’amis obèses. Si l’un de vos amis souffre d’obésité, vos risques de développer la maladie augmentent de 57%. Et si votre meilleur ami est obèse, vous aurez 171% de le devenir aussi, par effet mimétique.

Pourtant, le risque s’avère bien plus faible entre conjoints (37%). Pour les scientifiques, si cette étude démontre que l’obésité est en quelque sorte contagieuse, il est bon de savoir qu’inversement, la perte de poids l’est aussi.

Payer pour maigrir ?
La campagne du maire de Philadélphie aux États-Unis en 2001 semble être une source d’inspiration et pas uniquement Outre-Atlantique. Les Italiens viennent ainsi de se réapproprier l’idée en la modifiant quelque peu. Les habitants de Varallo, près de Milan, qui présentent une surcharge pondérale, vont bientôt pouvoir recevoir une indemnité s’ils perdent du poids. Comme l’explique Gianluca Buonanno, le maire de cette petite localité italienne de 7 500 habitants, les hommes pourront recevoir 50 euros pour perdre 4 k.g en un mois en échange de cette incitation financière. Les femmes, quant à elles, toucheront la même somme pour perdre 3 k.g. S’ils parviennent à ne pas reprendre de poids pendant cinq mois, ils recevront 200 euros supplémentaires.

Cette campagne de régime collectif doit débuter dans quelques jours et pourrait bien donner des idées à ses voisins européens.

Testez-vous !
La frontière de l’obésité pathologique se mesure par un indice de masse corporelle supérieur à 30. Pour connaître la différence entre l’embonpoint (surcharge pondérale) et l’obésité, il suffit d’appliquer la formule pour trouver son IMC. Reportez-vous ensuite à la classification détaillée selon le résultat obtenu.

IMC = poids / taille²

Que révèle votre IMC ?
Si votre taux d’IMC est inférieur à 18,5, vous êtes alors considéré(e) comme maigre.
Si votre taux d’IMC est compris entre 18,5 et 24,9, vous avez alors un poids normal.
Si votre taux d’IMC est stationnaire entre 25 et 29,9, vous êtes en surcharge pondérale.
Si votre taux d’IMC est compris entre 30 et 34,9, attention vous avez franchi le seuil de l’obésité.
Si votre taux d’IMC est situé entre 35 et 39,9, le stade de l’obésité morbide est déclaré.
Enfin pour un IMC est supérieur à 40, l’obésité est massive et engendre à ce stade de graves problèmes de santé.

(1)Anorexique
(2)Enquête épidémiologique ObEpi Roche 2006
(3)American Heart Association, 2007

Sources :
University of California – San Diego, 2007
Organisation mondiale de la Santé

Pour en savoir plus :
www.obesite.com