La Sigmund Freud University à Paris

Interview de la directrice de la Sigmund Freud University à Paris, Nicole Aknin. Psychothérapeute et présidente de la confédération Européenne de psychothérapie psychanalytique en France, elle en dit un peu plus sur cet Etablissement privé d’Enseignement Supérieur parisien qui forme pour la première fois dans le monde à la psychothérapie.

D’où est venue l’initiative de ce projet ?

La SFU-Vienne est la première université privée de psychothérapies au monde. Elle a dans un premier temps ouvert ses portes à Vienne, il y a 4 ans et reçoit aujourd’hui 300 élèves. En tant que déléguée du conseil mondial de psychothérapie auprès des Nations Unies, j’ai beaucoup travaillé avec Alfred Pritz, le président du conseil, lui-même à l’origine de la formation créée à Vienne. Lorsqu’il m’a demandé de prendre la direction de l’antenne française, j’ai naturellement accepté. C’est la première fois au monde que la psychothérapie est élevée au rang universitaire. C’est un projet novateur qu’on ne retrouve pour l’instant nulle part au monde.

Qu’est-ce qui légitimait l’urgence de la création d’une formation à la psychothérapie ?
En France, il y a un flou et de nombreuses polémiques au sujet de la psychothérapie. Doit-elle être légalisée ou pas ? Le fait d’ériger cet enseignement à la psychothérapie dans le cadre universitaire permettait de donner une valeur de sérieux essentielle pour cette profession
Si le titre de psychothérapeute relève d’une formation universitaire de second, voire troisième cycle, cette profession devient réglementée et plus personne ne pourra plus s’improviser psychothérapeute.
Avec les 300 psychothérapies qui existent dans le monde, nous avons choisi d’enseigner les psychothérapies qui répondent aux normes reconnues au plan européen. Il existe donc 7 ou 8 formes d’analyse : La psychanalyse avec Freud, Lacan, Jung, la psychologie individuelle avec Adler, la Gestalt Thérapie avec Perls, la thérapie centrée sur la personne (Rogers), l’analyse transactionnelle avec Bern, la PNL humaniste (Roubeix) et l’analyse psycho-organique dont le fondateur est Boyesen. Celles-ci seront enseignées aux étudiants puisqu’elles font l’objet de recherche, d’articles et de sérieux. Elles permettront ainsi de sensibiliser notre corps étudiants à toutes les approches de psychothérapies pour mieux fournir les outils d’analyse pluralistes et fondamentaux.

Comment réagissez-vous après la parution du rapport la Miviludes (Mission (interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui montre comment certains praticiens manipulent la mémoire des patients en suggérant des faux souvenirs ? Et le manque de formation des praticiens ?
Je suis très contente que ce rapport existe car c’est une façon de promouvoir et de reconnaitre le sérieux de nos formations. On ne joue pas avec le psychisme d’une personne.
Il est indispensable que le psychothérapeute ait une formation et une éthique rigoureuses pour éviter que ne se mette en place une relation d’emprise. C’est non seulement utile et fondamental en France, mais aussi dans le monde entier.

Quelle sera l’originalité de cet enseignement relativement à celui dispensé dans les universités de France ?
La psychothérapie est une profession à part entière qui est différente de la psychologie. La Sigmund Freud University Paris propose un enseignement universitaire très complet intégrant théorie, pratique, clinique ambulatoire et pôle de recherche spécifique à la psychothérapie.
Sa spécificité est de joindre la théorie à l’expérience sur soi. Pour la première fois au monde, nous ouvrons un espace de formation aux jeunes bacheliers, pour qu’ils puissent entrer dans une connaissance et dans une expérience qui va les aider à mieux se connaitre, à évoluer dans leur parcours personnel, à transformer leurs difficultés. La psychothérapie exige un travail sur soi qui crée une cohérence dans le travail et dans l’accompagnement.
On retrouve d’ailleurs cette démarche dans la psychanalyse, où l’on demande aux psychanalystes avant d’exercer de s’allonger eux aussi sur le divan afin de comprendre profondément les ressorts de leur métier.

Vous aurez au sein de votre Etablissement privé d’Enseignement Supérieur une clinique ambulatoire ? Quelle sera son utilité ?
La clinique ambulatoire est un lieu où nous allons recevoir le public. Pour 5 euros la séance, toute personne sera reçue par nos étudiants futurs psychothérapeutes. Derrière une glace sans teint, un superviseur vérifiera et assurera la protection de la personne qui viendra en consultation. Cette clinique permettra aussi aux élèves de faire des stages pratiques qui les mettront en situation, sans mettre en péril les personnes qui consulteront.

Quels seront les enseignements dispensés et pourquoi retrouve-t-on des juristes et des avocats dans le corps enseignant ?
En tant que professionnel, nous avons à connaitre la loi et à être en cohérence avec les lois sociales. Il était donc important d’intégrer des avocats à notre enseignement. Ce seront des cours de sensibilisation. Les étudiants profiteront également de cours très individualisés ou en petit groupe. L’enseignement cherche aussi à être diversifié en proposant des cours de la médecine, de philosophie et des initiations aux sciences humaines.

A quels métiers formerez-vous les étudiants ?
La formation initiale ouvrira ses portes dès octobre 2008. Les jeunes diplômés pourront s’initier au métier de psychothérapeute, enseignant ou chercheur.

Pour en savoir plus :
Sigmund Freud University
Etablissement privé d’Enseignement Supérieur
28 avenue Hoche, 75008 Paris
www.sfu-paris.fr